En résumé
Changer d'agence n'est un problème que si vous ne détenez pas vos propres accès. Cinq choses doivent être à VOTRE nom, et pas à celui de votre prestataire : le nom de domaine, l'hébergement, le code source, les comptes tiers (paiement, transporteur, statistiques) et les boîtes e-mail. Si les cinq sont à vous, un changement d'agence est une formalité de quelques jours, sans coupure. S'il en manque un seul, vous êtes en position de négociation faible — et la seule chose à faire est de le récupérer AVANT d'annoncer votre départ.
Les cinq accès à détenir, et pourquoi chacun compte
LE NOM DE DOMAINE. C'est le plus important, parce que c'est le seul qui ne se remplace pas : votre adresse est connue de vos clients, des moteurs, de vos partenaires. Il doit être enregistré au nom de votre entreprise, et vous devez pouvoir vous y connecter vous-même. Un domaine détenu par une agence est le levier de négociation le plus efficace qui existe, et il ne joue jamais en votre faveur.
L'HÉBERGEMENT. Moins critique — un site se déplace — mais un hébergement à votre nom vous permet de récupérer fichiers et base de données sans dépendre de personne.
LE CODE SOURCE. Il vous appartient si votre contrat le prévoit ; à défaut, le droit d'auteur reste au développeur, même si vous avez payé la prestation. Cela ne se règle pas au moment du départ : cela se lit au moment de la signature.
LES COMPTES TIERS. Encaissement, transporteur, mesure d'audience, envoi d'e-mails : chacun doit être ouvert au nom de l'entreprise, avec votre adresse comme propriétaire. Un compte d'encaissement au nom d'une agence est une anomalie sérieuse — c'est votre argent qui y transite.
LES BOÎTES E-MAIL. Elles portent votre historique commercial. Une messagerie hébergée par un prestataire qui part avec est une perte de mémoire d'entreprise, et elle ne se reconstitue pas.
Faites l'inventaire AVANT d'annoncer quoi que ce soit
L'ordre a une importance considérable. Tant que la relation est normale, demander un accès est une question administrative banale, et elle se règle en un e-mail. Une fois le départ annoncé, la même demande devient un point de négociation — parfois de bonne foi, parfois pas.
Faites donc l'inventaire d'abord, calmement, sans annoncer d'intention : connectez-vous vous-même à chacun des cinq. Ne vous contentez pas d'une réponse rassurante — un accès qu'on n'a jamais essayé n'existe pas.
Ce contrôle est utile même si vous ne changez pas d'agence. Une agence peut fermer, un développeur indépendant peut être malade. Détenir ses accès n'est pas un geste de méfiance : c'est de la continuité d'activité, le même raisonnement que de savoir où sont les clés de son local.
Partir sans coupure : l'ordre des opérations
UN : sauvegarder l'existant. Une copie complète du site, de la base de données et des médias, stockée chez vous et pas seulement chez l'hébergeur. C'est votre filet, et il ne coûte rien.
DEUX : préparer la nouvelle installation en parallèle, sur une adresse temporaire. Rien ne bascule tant que tout n'est pas vérifié.
TROIS : abaisser la durée de vie DNS quelques jours avant. Ce réglage technique divise le temps de bascule par vingt — sans lui, certains visiteurs continuent d'arriver sur l'ancien serveur pendant un jour ou deux.
QUATRE : basculer, puis vérifier immédiatement les trois choses qui cassent le plus souvent — les formulaires, l'encaissement, et les e-mails automatiques de commande.
CINQ : garder l'ancien hébergement actif un mois. C'est peu cher, et c'est ce qui permet de revenir en arrière si un défaut apparaît le troisième jour.
Ne pas perdre son référencement au passage
Un changement d'hébergeur, seul, n'affecte pas le référencement : les moteurs s'intéressent aux adresses, pas au serveur qui les sert. Ce qui coûte cher, c'est de changer les adresses SANS redirection.
Si la refonte modifie les URL — et elle le fait presque toujours — chaque ancienne adresse doit renvoyer en redirection permanente vers la PAGE équivalente. Pas vers l'accueil : une redirection en masse vers l'accueil est traitée comme une page d'erreur, et l'ancienneté accumulée est perdue.
Vérifiez aussi que le nouveau site n'interdit pas l'indexation : un réglage de développement laissé actif à la mise en ligne est l'incident le plus fréquent d'une bascule, et le plus silencieux. Il ne se voit pas à l'écran ; il se voit dans le trafic, trois semaines plus tard.
Enfin, redéclarez le plan du site dans les outils pour webmasters, et laissez tourner. Le retour à la normale se compte en semaines, pas en jours.
Ce qu'il faut exiger dans le prochain contrat
Quatre lignes suffisent, et elles évitent tout ce qui précède. Un : le nom de domaine et l'hébergement sont enregistrés au nom du client, qui en détient les accès. Deux : le code source et les contenus lui sont cédés à la livraison. Trois : les comptes tiers sont ouverts à son nom. Quatre : à la fin de la relation, quelle qu'en soit la cause, le prestataire remet une copie complète et exploitable sous quinze jours.
Une agence sérieuse ne discutera aucune de ces quatre lignes — elles ne lui coûtent rien. Une hésitation sur l'une d'elles est en soi une information, et elle vaut mieux qu'un long entretien.
Et un dernier point, souvent oublié : demandez où vit ce qui n'est PAS le site — vos commandes, vos factures, votre fichier client. Si tout cela ne vit que dans le site, changer de site veut dire changer d'outil de gestion, et le chantier devient dix fois plus lourd. Séparer les deux est ce qui rend un changement d'agence indolore.
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